Nantes, le 15 octobre 2026
Combien de personnes seront impactées par la nouvelle politique tarifaire de la Région ? Comment la droite régionale explique-t-elle la hausse des recettes liées aux transports pour 2028 ? Pourquoi avoir mis fin à la gratuité des transports pour les demandeurs d’emplois ?… Lors du Conseil régional, notre groupe a demandé des précisions concernant l’évolution des politiques tarifaires de la Région ainsi que sur les prévisions faites concernant l’évolution des recettes liées au transports. A ces différentes questions posées par Lucie Etonno et Matthias Tavel, pas une seule réponse claire ne nous a été donnée. La droite régionale a-t-elle peur d’assumer sa politique de casse des services publics ?
Dans un contexte d’inflation, l’accès aux transports en commun est plus indispensable que jamais. La hausse des prix des carburants pèse lourdement sur le budget des Ligériennes et des Ligériens, pour qui les transports collectifs constituent une nécessité au quotidien. C’est pourquoi nous accueillons favorablement la création d’une tarification solidaire sur le réseau régional Aléop, inscrite à l’ordre du jour de cette session. C’est une mesure que nous réclamons depuis le début du mandat. Nous regrettons toutefois qu’aucune précision n’ait été apportée sur ses modalités concrètes de mise en œuvre.
Une nouvelle politique tarifaire aux conséquences toujours inconnues
À compter du 1er janvier prochain, la nouvelle politique tarifaire décidée par la majorité régionale doit instaurer une tarification par zones, faisant évoluer le prix des trajets en fonction du nombre de zones traversées. Mais cette réforme soulève de nombreuses interrogations. Elle prévoit notamment une hausse importante du prix de certains trajets à destination des agglomérations, ainsi que la suppression de la gratuité des transports pour les chercheurs et chercheuses d’emploi.
Or, les informations communiquées par la majorité sont insuffisantes pour mesurer les conséquences concrètes de ces changements. Combien de voyageurs et de voyageuses verront leur facture augmenter ? Combien bénéficieront d’une baisse des tarifs ? Quels seront les effets de cette réforme sur les personnes les plus précaires ?
En réponse à nos questions, la majorité s’est contentée d’indiquer que la tarification solidaire serait fondée sur le quotient familial des usagers et usagères. Une explication bien insuffisante pour apprécier la portée réelle du dispositif et les effets de la réforme dans son ensemble.
Des recettes en hausse, mais toujours aucune explication précise
Nos interrogations ont également porté sur les prévisions financières de la Région. Pour 2028, les recettes liées aux transports affichent une hausse prévisionnelle de 8 millions d’euros par rapport aux projections établies en 2025. Une progression que la seule augmentation de la fréquentation ne suffit pas, à nos yeux, à expliquer.
Depuis le début du mandat, la droite régionale multiplie pourtant les hausses tarifaires. Nous avons donc demandé quelle part de cette augmentation des recettes serait liée à la hausse du nombre d’usagers et d’usagères, et quelle part résulterait de l’évolution des tarifs.
Là encore, les réponses apportées sont restées vagues. La majorité affirme que cette progression s’explique principalement par l’augmentation de la fréquentation, tout en évoquant des modifications comptables, sans fournir de données permettant de distinguer précisément ces différents facteurs.
Transport à la demande : des usagers laissés sur le bord de la route
Mélanie Cosnier l’a rappelé, en mars 2023, Christelle Morançais présentait le handicap comme une grande cause de son mandat. Trois ans plus tard, cette ambition semble bien loin des décisions prises par la majorité régionale.
Comme nous l’avons déjà dénoncé, la réduction de l’offre de transport à la demande pénalise directement les personnes en situation de handicap et restreint leur accès aux déplacements. En réduisant cette offre, la Région fragilise leur autonomie et compromet leur égal accès aux services publics.
Face à cette décision, nous avons saisi le Défenseur des droits afin qu’il examine la nouvelle politique régionale de transport à la demande et ses conséquences pour les personnes concernées.
