Nantes, le 18 décembre 2025

Si le budget 2026 s’inscrit dans la continuité de celui voté par la droite régionale pour 2025, les investissement ferroviaires, bien que vantés par la majorité régionale, ne sont pas à la hauteur des enjeux. A l’occasion du Conseil régional, Lucie Etonno et Matthias Tavel ont entre autres dénoncé le refus de la droite régionale de se doter d’un nouveau levier fiscal pour financer une partie de ses investissements pour le développement des mobilités durables ou encore le manque d’engagement de la majorité pour répondre à la grève des conducteurs de transports scolaires.
Une nouvelle recette pour le développement des transports
Introduit par les sénateurs messieurs Tabarot et Jacquin, puis voté dans le cadre du Projet de loi de finances pour 2025 le versement mobilité régional (VMRR) est une contribution patronale versée par toutes les entreprises employant au moins 11 salarié·es. Mis en œuvre par délibération du Conseil régional, ce nouveau versement permet de financer le développement des transports publics. Selon le CESER, la mise en place du VMRR garantirait à région des Pays de la Loire une recette annuelle 60 millions d’euros environ. Pourtant, la droite régionale refuse d’instaurer le VMRR. Alors que le contexte budgétaire contraint les collectivités à réduire leurs dépenses, la majorité fait le choix de renoncer à différents dispositifs comme le développement de la pratique du vélo, le covoiturage ou le transport à la demande, pourtant mis en place par la majorité elle-même. Notre groupe a donc de nouveau proposé la mise en place du versement mobilité pour financer les mobilités en milieu rural, faciliter le développement du covoiturage, de la pratique du vélo ou investir dans les cars et les TER.
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Un besoin d’investir massivement pour entretenir le réseau ferroviaire
Le réseau ferroviaire est l’épine dorsale du système de mobilité en Pays de la Loire. Afin d’assurer son bon fonctionnement, il est nécessaire d’investir régulièrement pour entretenir les infrastructures. Un manque d’entretien du réseau conduit à des répercussions en série supportées par les voyageurs. A ce titre, les lignes Nantes – Les Sables d’Olonne et La Roche sur Yon – Thouars ont grandement besoin de rénovation, en particulier pour la ligne La Roche sur Yon – Thouars qui attend des financement d’urgence et d’un financement à plus long terme pour sa rénovation complète. Si les investissements étaient conséquents pour faire face à l’ensemble des dépenses inhérentes au bon fonctionnement des réseaux ferroviaires de notre région, le budget primitif 2026 affiche un décrochage sur les montants inscrits. En 2024, plus de 226 millions d’euros étaient affectés pour les investissements ferroviaires, 247 millions d’euros en 2025 et seulement 26 millions d’euros en 2026. Nous avons donc demandé à la majorité ce qu’il en sera pour les années à venir et si elle a renoncée à différents projets d’investissements. Par ailleurs, le Contrat Plan Etat Région (CPER) 2023-2027 annonçait un milliard d’euros pour les mobilités. Nous avons donc interpellé la majorité pour savoir ce qu’il en sera réellement et en particulier sur le volet ferroviaire, sans obtenir de réponse convaincante.
Nouvelle gamme tarifaire : un manque de transparence de la majorité
A l’occasion du Conseil régional, la majorité a proposé d’adopter une nouvelle gamme tarifaire. Celle-ci offre des nouveautés et notamment une harmonisation annoncée et attendue de longue date, ce que nous saluons. Cette évolution se fait toutefois à recettes stables, ce qui signifie que le montant global des recettes générées seront les mêmes qu’aujourd’hui. Nous avons donc interrogé la droite régionale pour savoir quels seront les usagers qui seront pénalisés par cette nouvelle grille tarifaire et quels seront les usagers qui seront avantagés avec ces changements. Les réponses apportées par la majorité sont toutefois restées très évasives, sans apporter de précisions concrètes. Face au manque d’informations, notre groupe n’a pas voté la mise en place de cette nouvelle gamme.
Transport en hélicoptère vers l’Ile d’Yeu : un besoin de trouver une solution pour assurer la continuité des services publics
En décembre 2024, la droite régionale annonçait la fin de sa participation au financement des transports par hélicoptère entre l’Ile d’Yeu et le continent. Alors que cette décision prise de supprimer les aides a été prise il y a un an, aucun travail avec les acteurs du territoire n’a été mis en place. Si la majorité évoque une possible illégalité de cette aide pour justifier sa suppression, notre groupe est surpris d’apprendre que depuis 10 ans, donc y compris sous la présidence de Bruno Retailleau, la région serait dans l’illégalité sans que cela n’ait éveillé d’interrogations de sa part.
Aujourd’hui, la continuité postale et les transports d’urgences sanitaires sont percutés par cette décision. Et s’il s’avère que celle-ci est illégale, il est du devoir de la Région de chercher avec les acteurs concernés une solution pour garantir la continuité de ces services publics. Notre groupe a donc demandé à la majorité de Christelle Morançais pourquoi aucune concertation avec les habitants de l’ile d’Yeu n’a été menée et si une analyse des conséquences du désengagement de la Région a été réalisée avant de prendre cette décision.
Grève des transports scolaires : la région doit prendre ses responsabilités
En fin d’année 2025, les conducteurs des cars scolaires de l’entreprise Transdev ont se sont mis en grève les lundi matins pour dénoncer une absence de revalorisation salariale. Notre groupe apporte son soutien aux salarié·es mobilisé·es. Cette situation est d’autant plus prioritaire que le recrutement de conducteurs est très complexe de part les conditions de travail (temps partiels en grande majorité, faible rémunération…).
Si la conduite de cette grève et la suppression ou la forte réduction de lignes scolaires obligent certaines familles à trouver des solutions de secours afin de garantir un accès à l’école à leurs enfants, il est de la responsabilité de la Région d’apporter des réponses face à cette situation. Alors que la majorité régionale a augmenté, à de multiples reprises, les tarifs des transports scolaires expliquant que ces hausses permettaient de faire face à la hausse des coûts, d’investir et de recruter davantage de professionnels, il n’en n’est rien. Où est allé cet argent puisque les salariés demandent aujourd’hui encore une revalorisation des salaires ?
La Région, maitre d’ouvrage du service des transports scolaires, a une responsabilité envers les élèves en leur garantissant un accès aux établissements scolaires. Aussi, quand la droite régionale augmente le tarif des abonnements sans concertation, la moindre des choses serait que les conducteurs puissent bénéficier de ces hausses, ce qui n’est manifestement pas le cas. Notre groupe a donc demandé à la majorité d’organiser des assises des transports scolaires et d’avoir plus de détails sur la réflexion annoncée en 2022 pour faire face à la pénurie de chauffeurs de transports.





