On ne peut pas « faire moins » pour accompagner les territoires

Depuis plusieurs semaines, Christelle Morançais martèle le même slogan : « faire moins ». Moins de dépenses publiques, moins de normes, moins de contrôles. Mais face au dérèglement climatique, ce n’est pas de faire moins dont notre territoire a besoin. Comme l’ont rappelé Mélanie Cosnier et William Aucant, cette doctrine revient surtout à faire moins pour l’écologie, pour les territoires et pour les générations futures.

Après dix années de recul des politiques régionales environnementales par la majorité de Christelle Morançais, la faiblesse des rapports soumis au vote à l’occasion du Conseil régional ne nous surprend malheureusement plus. Pour autant, Mélanie Cosnier a exprimé sa surprise face aux leçons de morale sur l’écologie et sur l’adaptation donnée par la majorité à l’occasion des débats. Cette même majorité qui parle d’écologie punitive pour justifier son refus de mettre en place une conditionnalité écologique dans l’attribution des aides publiques. C’est également elle qui a supprimé les aides pour la rénovation thermique des particuliers, qui refuse d’accélérer la rénovation des lycées ou qui supprime les dispositifs d’accompagnement des territoires.

Des dispositifs qui, face aux vagues de chaleur actuelles, témoignent de leur nécessité pour permettre d’assurer de bonnes conditions de vie pour les ligérien·nes. Notre groupe a donc proposé la création d’un fonds régional permettant aux communes d’ouvrir ou de rénover des lieux publics afin de les rendre plus frais et accessibles gratuitement lors des épisodes de canicule (médiathèques, salles municipales, équipements sportifs). Une proposition refusée par la droite régionale, malgré les besoins en matière d’adaptation face au dérèglement climatique.

Inscrit dans la loi climat et résilience en 2021, le Zéro Artificialisation Net (ZAN) vient d’échapper de justesse à une tentative d’affaiblissement dans la loi de simplification de la vie économique. La conséquence à de multiples attaques de la part de la droite et de l’extrême droite au niveau national mais également au niveau local. Pour rappel, en juin 2022, la majorité de Christelle Morançais avait adopté une demande de dérogation vis-à-vis de la loi invitant la présidente à aller « négocier » avec le gouvernement pour s’affranchir de la loi et artificialiser toujours plus de terres.

Mais chaque hectare artificialisé est un hectare perdu. Car un sol imperméabilisé ne permet pas à l’eau de s’infiltrer, il génère plus de chaleur et réduit la biodiversité. Nous sommes aujourd’hui à mi-parcours des objectifs fixés par la loi ZAN qui prévoyait que l’ensemble des collectivités réduisent de moitié leur consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers entre 2021 et 2030.

En tant que cheffe de file de l’aménagement du territoire, la Région intervient sur les sujets de foncier économique, les mobilités, l’eau, les haies, les prairies permanentes ou la biodiversité. À ce titre, la majorité régionale ne peut plus se cacher derrière des décisions prises à Paris et doit assumer ses choix.

Nous avons donc demandé à la droite régionale des précisions concernant la trajectoire et le rythme d’artificialisation de la Région, de réviser le Schéma régional d’Aménagement et de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET), hors délai depuis plus d’un an ou encore de privilégier l’utilisation de friches ou d’espaces déjà artificialisés dans le cadre de projets de développement économique.

Fidèle à ses positions, la majorité s’est contentée de répondre à côté, nous assurant partager les mêmes objectifs que nous, mais pas les mêmes moyens d’action.