Nantes, le 18 décembre 2025

À l’occasion de l’examen du budget régional 2026 Elsa Richard, Mélanie Cosnier et William Aucant ont alerté sur les écarts croissants entre les ambitions affichées par la majorité régionale et les décisions réellement prises. Qu’il s’agisse de la transition énergétique, de l’aménagement du territoire, de l’adaptation au changement climatique ou du soutien aux collectivités locales, les décision budgétaires et politiques de la majorité de Christelle Morançais fragilisent des outils pourtant essentiels à la cohérence et à la solidarité territoriale. Le SRADDET, le littoral et l’accompagnement des territoires illustrent particulièrement ces renoncements.
La droite régionale en opposition face à ses propres objectifs
Institué par la loi Notre du 7 août 2015, le SRADDET (Schéma régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires) est un document stratégique essentiel qui a vocation à concilier les politiques régionales mais aussi celles des acteurs des territoires. Ainsi, ce schéma fixe des objectifs et des moyens à long termes en matière d’aménagement du territoire, de mobilité, d’environnement et d’adaptation au changement climatique.
Voté en début du mandat et sujet à plusieurs modifications depuis, Elsa Richard a toutefois pointé de nombreuses contradictions entre les discours de la majorité régionale et les engagements réellement pris.
Alors que le SRADDET est censée être la boussole régionale, un cadre structurant de la politique d’aménagement et d’environnement, celui-ci est aujourd’hui obsolète. La loi climat et résilience actuellement demandait que les Région révisent leur SRADDET avant le 22 novembre 2024 afin d’y intégrer une trajectoire de réduction de la consommation foncière. Ce délai, passé depuis plus d’un an, il est légitime de se questionner sur les engagements réels de la droite régionale en matière de réduction du rythme d’artificialisation des sols.
Par ailleurs, les coupes budgétaires drastiques survenues depuis fin 2024 nous laissent perplexe quant à la capacité de la région à respecter ses propres objectifs en matière de développement des énergies renouvelables ou de la réduction et le recyclage des déchets. Sans moyens dédiés, le SRADDET n’est plus qu’une coquille vide. Plus précisément, en 2026, aucun budget n’est inscrit pour le développement des énergies renouvelables. En parallèle, la ligne budgétaire dédiée à la rénovation énergétique des ménages les plus modestes est amputée de 4 millions d’euros. Après l’échec de la SEM croissance verte, la droite régionale baisse les bras.
Face à ces nombreux désengagements, William Aucant a rappelé les proposition que notre groupe a formulé pour accompagner l’ingénierie des territoires et le développement des énergies renouvelables.
Littoral : un autre angle mort de la politique régionale
L’incohérence et l’insuffisance de la politique d’aménagement de la majorité régionale est flagrante en ce qui concerne la gestion durable du littoral. Alors que notre région est celle qui a malheureusement subi la meurtrissure la plus tangible de la submersion marine, conséquence du changement climatique avec la tempête Xynthia en 2010, la Région ne mentionne pas cet aspect dans son budget pour 2026. Alors que l’adaptation au changement climatique est une composante obligatoire du SRADDET, que le nouveau Plan National d’Adaptation (PNACC-3) prévoit un réchauffement de +4°C en France, et que le recul du trait de côte est un enjeu crucial pour notre territoire, la droite régionale a décidé fin 2024 de ne pas renouveler la convention de gestion du littoral.
A cet effet, Elsa Richard souligne que le CESER des Pays de la Loire a également déploré l’absence de mention du littoral dans son avis du le budget de la Région. Il rappelle également que « la Région doit poursuivre son engagement […] et veiller à ce que les leviers financiers soient à la hauteur des enjeux ».
Notre groupe a donc proposé un amendement pour rétablir un fonds régional minimum pour la gestion intégrée du trait de côte.

La région se désengage de son soutien aux territoires
Sur la période 2023-2026, la Région s’est engagée à soutenir les investissements des projets menés par les collectivités locales à hauteur de 100 millions d’euros. Cet engagement a permis le soutien de plus de 460 projets sur l’ensemble du territoire. Pour 2026, notre groupe est toutefois surpris de constater une très importante baisse d’affectations budgétaires en comparaison de l’année 2025. Mélanie Cosnier a interrogé l’accompagnement que la Région apportera désormais aux territoires. Les futures équipes municipales devront-elles attendre 2027 pour espérer des aides de la région ou est-il prévu que de nouvelles programmations soient inscrites en cours d’année ?


