Atos : une garantie de 5 millions d’euros votée à la va-vite !

Une garantie d’emprunt de 5 millions d’euros à la société publique d’aménagement Alter Cités, filiale du groupe Atos, actée sans débat ? C’est ce que proposait initialement la majorité de Christelle Morançais pour le Conseil régional du 28 mars via une délibération en urgence, envoyée aux élu.e.s vingt-quatre heures avant le début de la séance en hémicycle, et donc sans échange préalable. Notre groupe a obtenu un temps de débat et s’est abstenu sur ce rapport.

Géant français des services informatiques, Atos connaît actuellement une période délicate : 3,4 milliards d’euros de perte en 2023, abandon par Airbus de son projet de reprise d’une partie des activités d’Atos, appétit d’industriels pour reprendre les actifs stratégiques, interrogations sur la stratégie de l’Etat dans ce dossier… Pourtant, la société a décidé de poursuivre son projet d’installation d’une usine de supercalculateurs à Angers sur le site de l’ancienne friche Bull et la majorité régionale de Christelle Morançais d’apporter un soutien financier via une garantie d’emprunt.

La veille de la session plénière, Arash Saeidi et Solène Mesnager ont dont interpellé par courrier l’exécutif régional pour demander des précisions et surtout, un temps de débat en hémicycle, ce qui n’était pas prévu.

Si notre groupe se félicite du soutien de notre collectivité au maintien d’actifs stratégiques et donc d’un outil industriel sur notre territoire, Arash Saeidi a interpellé la majorité pour regretter la présentation en urgence de ce rapport, sans passage préalable en commission.

De plus, au vu des risques qui pèsent aujourd’hui sur cette entreprise, il a également souligné la stratégie purement financière de dirigeants qui ont mené une politique de croissance externe à outrance, sans cohérence industrielle, conduisant aujourd’hui Atos dans une situation d’insécurité économique. Cette stratégie met non seulement en danger l’existence même d’Atos, mais également la pérennité de dizaines de milliers d’emplois.

Sur la base de ces éléments, notre groupe s’est abstenu lors du vote pour l’attribution de cette garantie d’emprunt de 5 millions d’euros.