Les Pays de la Loire, demain : Sortir de la gestion de crise pour protéger l’avenir. Nous proposons un plan d’adaptation au changement climatique.

L’été 2026 a laissé des traces. À la rentrée, les Ligérien·nes mesurent déjà les conséquences concrètes du changement climatique : des logements devenus inhabitables lors des fortes chaleurs, des cultures éprouvées par la sécheresse, des élevages décimés par les canicules. Face à cette réalité, nous ne pouvons plus nous contenter de gérer les crises lorsqu’elles surviennent. Il faut anticiper, adapter et transformer notre Région, c’est la demande formulée par le groupe l'Écologie Ensemble en cette rentrée. 

L’été 2026 a laissé des traces. À la rentrée, les Ligérien·nes mesurent déjà les conséquences concrètes du changement climatique : des logements devenus inhabitables lors des fortes chaleurs, des cultures éprouvées par la sécheresse, des élevages décimés par les canicules. Face à cette réalité, nous ne pouvons plus nous contenter de gérer les crises lorsqu’elles surviennent. Il faut anticiper, adapter et transformer notre Région, c’est la demande formulée par le groupe l’Écologie Ensemble en cette rentrée qui propose un plan d’adaptation au changement climatique.

Pourtant, sous la présidence de C. Morançais, aucune réponse structurelle n’est aujourd’hui à la hauteur de l’urgence : pas de véritable plan d’adaptation, pas d’accélération, pas de changement d’échelle. La prise de conscience semble encore limitée à quelques conséquences visibles, notamment lorsqu’elles touchent les élevages. Mais le changement climatique concerne déjà l’ensemble de notre territoire et notre capacité à vivre demain dans les Pays de la Loire. Nous proposons donc de sortir de la gestion de crise et de faire de l’adaptation au changement climatique une priorité politique régionale.

“Nous demandons le lancement d’une Mission spéciale Climat au changement climatique, chargée d’identifier les vulnérabilités de notre territoire en lien avec le GIEC PDL et le CESER et de construire, secteur par secteur, les réponses nécessaires. Son travail devra permettre de traduire nos ambitions d’adaptation dès le débat d’orientation budgétaire d’octobre, puis dans le budget 2027 !

La présidente du groupe l’Écologie Ensemble, Lucie Etonno (Les Ecologistes)

La Région dispose précisément de leviers majeurs pour agir, précisés dans le SRADDET : développement économique, agriculture, transports, aménagement du territoire, logement, formation, environnement, énergie et biodiversité. Et surtout, l’inaction climatique menace directement l’ensemble de ces compétences et coûte plus cher qu’une politique régionale d’adaptation et de transformation. 

L’adaptation n’est donc pas une compétence de plus : c’est la condition pour que toutes les autres puissent continuer à s’exercer demain. Nous refusons de subir le changement climatique et d’attendre chaque été la prochaine catastrophe pour agir. Les Pays de la Loire doivent passer de la gestion de crise à l’anticipation. De la réaction à la transformation.

La Région doit faire sa part dans  la lutte contre le changement climatique. Sur le logement, elle ne peut pas se retirer au moment où les canicules transforment certains  logements en bouilloires ! Nous demandons que le dispositif des Aide Régionale aux Économies d’Énergie pour les Particuliers (AREEP) soit réhabilité et surtout renforcé, en l’élargissant à destination des collectivités pour les parcs de logements sociaux et des syndicats de copropriété.

William Aucant, conseiller régional (LFI)

La Région doit faire sa part dans  la lutte contre le changement climatique. Sur le logement, elle ne peut pas se retirer au moment où les canicules transforment certains  logements en bouilloires ! Nous demandons que le dispositif des Aide Régionale aux Économies d’Énergie pour les Particuliers (AREEP) soit réhabilité et surtout renforcé, en l’élargissant à “ La région a loupé le train de l’adaptation.  En cette rentrée, elle aurait dû prendre des engagements forts : pas une salle d’examen au-dessus de 27° en 2027 pour garantir des conditions d’études dignes. C’est cela anticiper.”

Franck Nicolon, conseiller régional (Les Ecologistes)

Protéger aujourd’hui, adapter maintenant, préparer les Pays de la Loire de demain, quelques pistes d’adaptation au changement climatique : 

Alors que les aides nationales à la rénovation sont fragilisées, que la Région a fait le choix inverse de ce qu’exige la situation : elle a supprimé son aide à la rénovation. Le CESER lui-même a regretté l’abandon de ce dispositif.  Pourtant après un été aux records de température, l’urgence est considérable. Nous devons accélérer la rénovation énergétique pour réduire les factures et permettre à chacun de vivre dans un logement digne et confortable en hiver comme en été, alors qu’un ménage ligérien sur six est confronté à la vulnérabilité énergétique. 366 000 logements seraient des passoires énergétiques … Seulement 30 000 sont rénovés par an. 

Nous proposons de rétablir et renforcer les dispositifs AREEP. 

Ce soutien doit être élargi aux collectivités (AREEC) pour réhabiliter leur parc de logements sociaux et de bâtiments publics – notamment en mobilisant des fonds européens dont la région assure la gestion- et aux syndicats de copropriété (AREES) pour massifier la rénovation des copropriétés. 

Quand le climat change, nos logements doivent changer aussi. La région ne peut pas se retirer au moment précis où il faudrait accélérer.

Les Pays de la Loire sont la 4e région métropolitaine la plus artificialisée. Entre 2011 et 2024, plus de 24 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été consommés dans la région. Les activités économiques représentent 23 % de cette consommation. 

La lutte contre l’artificialisation est un enjeu majeur d’adaptation au changement climatique : les sols bétonnés aggravent les îlots de chaleur, le ruissellement qui conduit aux inondations et les risques de sécheresse.

À l’inverse, les sols vivants, les arbres et les espaces végétalisés garantissent un rafraîchissement, favorisent l’infiltration de l’eau et préservent la biodiversité.

Nous proposons une révision du SRADDET dans l’année qui intégrera notamment un objectif de reconquête des sols. 

La stratégie de reconquête des sols se déploiera sur deux priorités  : 

  • Auprès des SCOT les plus artificialisés des collectivités partenaires , avec des moyens régionaux dédiés à la désimperméabilisation, à la renaturation et au recyclage du foncier déjà artificialisés
  • Auprès des entreprises : identification des entreprises les plus consommatrices d’espace et accompagnement à la transformation des zones d’activités existantes (désimperméabilisation, végétalisation et restauration des continuités écologiques) et conditionnement des aides à l’implantation à la sobriété foncière. 

Les appels à réduire la consommation d’eau pendant les sécheresses ne suffisent plus : nous devons réduire durablement nos prélèvements avant d’être en situation de crise. En 2023, 449 millions de m³ d’eau ont été prélevés en Pays de la Loire hors usages énergétiques, dont 35 % pour l’irrigation et 5 % pour l’industrie et les activités économiques. 

La Région compte par ailleurs près de 90 entreprises prélevant plus de 100 000 m³ par an, dont certaines dépassent le million de m³. 

Nous proposons donc d’aller au-delà des alertes estivales et de financer un véritable plan de sobriété structurelle pour les entreprises les plus consommatrices : réduction des prélèvements avec rehaussement de l’objectif à -20%, réutilisation de l’eau, circuits fermés et investissements dans des procédés moins gourmands.

Une attention particulière est portée à l’irrigation des exploitations maraîchères. Nous proposons de financer à taux bonifié (jusqu’à 40/50% pour les bio et les reprises/nouvelles exploitations) le matériel d’irrigation (goutte à goutte, micro asperseurs, …).

Face aux tensions et aux tentatives d’accaparement de la ressource, la Région doit veiller à garantir la démocratie de l’eau ! 

12 millions pour aider les éleveurs, voici l’annonce de la majorité régionale. Il faut le dire, c’était nécessaire alors que la canicule a décimé des élevages. Mais ensuite ? 

L’agriculture est au cœur de l’économie et des paysages des Pays de la Loire : 21 700 exploitations, 67 % du territoire agricole et 7,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Elle est pourtant l’un des secteurs les plus exposés au changement climatique : sécheresses, manque d’eau, canicules, maladies et aléas climatiques. En France, 25% des agriculteurs envisagent d’arrêter leur activité à cause du réchauffement climatique, aidons-les ! 

La Région doit donc accompagner une véritable transformation de notre modèle agricole, et pas seulement financer des solutions techniques pour réparer les conséquences du dérèglement climatique.

Nous proposons de revoir en profondeur le régime des aides agricoles régionales : aujourd’hui, plus une exploitation est grande, plus elle peut capter d’aides. Nous voulons inverser cette logique. Les aides doivent prioritairement soutenir les exploitations à taille humaine, l’installation, la diversification variétale, l’agriculture biologique, l’agroécologie et la réduction des intrants.

Nous voulons notamment accompagner la réduction de la taille des élevages, afin de favoriser des systèmes plus résilients, respectueux du bien-être animal et moins dépendants aux ressources.

Enfin, alors que le maraîchage régional représente 40% de la production nationale, la Région doit se tenir aux côtés des maraîchers : aide d’urgence et soutien à la trésorerie, fond de solidarité régional au même titre que l’élevage. Les enveloppes de subventions directes exceptionnelles permettront de renflouer la trésorerie des exploitations les plus touchées, en particulier pour les non assurés à l’assurance multirisques climatiques des récoltes.

En juin  2025, nous proposions dans notre plan fraîcheur pour faire face aux vagues de chaleur d’accélérer la rénovation des lycées et de débloquer un fonds d’urgence pour équiper les lycées en dispositifs de rafraîchissement. Des propositions balayées d’un revers de main, par une majorité dogmatique. Pire, ce qu’on est capable de faire pour nos animaux, nous ne sommes pas capable de le faire pour nos enfants. 

Nous réitérons nos propositions de végétalisation des lycées et d’équipement des lycées en dispositif de rafraîchissement. Nous suggérons que d’ici l’été 2027, il n’y ait pas une salle d’examen au-dessus de 27°. La Région lance dès aujourd’hui l’identification des lieux d’examens les plus vulnérables afin de passer un marché public dès le début de l’année 2025 pour une livraison en mai. 

Un accompagnement spécifique des établissements publics est organisé par les services de la région pour diagnostiquer, aider à choisir et soutenir les mesures d’urgence pour rendre tous les lycées publics en mesure d’accueillir dignement jeunes et encadrant.e.s.

  • Lancer une Épargne Verte Pays de la Loire, pour abonder un fonds souverain et citoyen régional de 200 millions d’euros public-privé (mesure de programme EE2021)
  • Mettre en œuvre de VMRR pour adapter nos infrastructures de transports (60 millions d’euros par an !)
  • Dégager une nouvelle ressource régionale grâce à une taxe sur les résidences secondaires