“On ne peut pas “faire moins” face au changement climatique.” Face à la vague de chaleur : un plan fraîcheur.  

3 semaines après une canicule précoce, la session du Conseil régional s’est ouverte dans un contexte de vague de chaleur extrême. 43,9 °C à Saint-Mars-la-Jaille, 44,4 °C à Saumur ou encore 41,8 °C au Mans, de très nombreux records de chaleur ont été battus dans les Pays de la Loire. Des températures dangereuses qui mettent à mal les organismes (augmentation d’insuffisance rénale, AVC) et qui ont également causé la mort d’au moins trois personnes dans notre région. Face à cette situation, notre groupe a proposé un plan fraîcheur pour protéger les ligérien·nes.

La coupe du monde à sa pause fraîcheur, nous voulons un plan fraîcheur pour les Ligériens et Ligériennes. L’inaction n’est pas une option. Face aux vagues de chaleur, notre groupe défend un plan fraîcheur articulé autour de quatre priorités.

Les lycées des Pays de la Loire appartenant au patrimoine régional, sont en première ligne face aux épisodes de chaleur et la Région a entièrement la main pour y remédier. Chaque été, des salles de classe se transforment en véritables fours, rendant les conditions d’apprentissage difficiles pour les élèves comme pour les personnels éducatifs. La Région doit accélérer l’adaptation de son patrimoine scolaire au changement climatique.

Nous avons donc demandé la création d’une enveloppe complémentaire de 140 millions d’euros pour accélérer les travaux de réduction de la consommation énergétique, les opérations de rénovation énergétique.

En parallèle, notre groupe a également défendu la création d’une enveloppe budgétaire de 4,46 millions d’euros pour mener à bien l’objectif de la végétalisation de l’ensemble des lycées appartenant au patrimoine régional d’ici 2030

Enfin, face à l’urgence de trouver des solutions rapides pour garantir une solution de rafraîchissement pour les élèves et les agents, nous avons demandé la création d’un fonds d’urgence de 2 millions d’euros pour équiper tous les établissements de climatiseurs, ventilateurs ou dispositif légers d’ici le printemps 2027 

Les fortes chaleurs fragilisent le réseau ferroviaire : équipements électroniques en surchauffe, rails qui se dilatent, matériel roulant vieillissant, suppressions de trains et retards à répétition. Dans le même temps, les transports collectifs constituent une réponse essentielle aux épisodes caniculaires en permettant de limiter l’usage de la voiture et d’accéder à des lieux plus frais.

Nous avons donc défendu la création d’un « pass fraîcheur », prenant la forme d’un billet de TER aller-retour à tarif unique de 5 € pour les moins de 26 ans et 10 € pour les adultes valable les week-end de mai à septembre et lors des journées placées en vigilance canicule. L’objectif est simple : permettre aux habitantes et habitants de rejoindre plus facilement le littoral, les espaces naturels ou les villes disposant d’équipements adaptés.

Une proposition qui a fait couler beaucoup d’encre et contre laquelle la majorité a fait preuve d’une belle mauvaise foi : nous opposant le “surtourisme” et raillant un “pass sérénité” anti-jeune. 

La précédente vague de chaleur a démontré l’impréparation de la Région avec les images de quais bondés à La Baule par exemple. La Région, autorité organisatrice, doit travailler d’urgence avec la SNCF à renforcer la réponse immédiate sur les lignes desservant le littoral ou des destinations moins exposées à la chaleur (rame plus capacitaire, ajout exceptionnel de trains, renforcement des personnels en gare et à bord…) pour ne pas recréer la même situation. Au lieu de stigmatiser les ligérien·nes désireux légitimement de se rafraîchir, l’exécutif régional doit faciliter l’accès du plus grand nombre aux plages de la région.

Les apprenti·es, stagiaires et jeunes de moins de 25 ans sont 2,5 fois plus exposés aux accidents du travail. Plus jeunes, parfois moins informés de leurs droits et davantage dépendants de leur employeur, ils doivent faire l’objet d’une attention particulière. La Région doit montrer l’exemple pour ses propres agentes et agents en adaptant l’organisation du travail lors des épisodes caniculaires. Elle doit également prendre l’initiative auprès des structures qu’elle finance (CFA, centres de formation, entreprises accueillant des apprenti·es…).

Au vu du contexte de chaleurs extrêmes de cette semaine qui va devenir notre norme d’ici peu, la question de l’adaptation du travail au changement climatique est impérieuse, impérieuse, car la chaleur tue.

Au pied du mur, vous êtes face à la nécessité de trouver des solutions d’infortune, mais qu’avez-vous fait depuis 10 ans pour anticiper l’adaptation, rénover, végétaliser, améliorer, réfléchir à adapter le travail à des conditions climatiques non pas exceptionnelles mais martelées par le GIEC comme étant notre nouveau quotidien ?

Gaëlle Rougeron

Les maires et les élu-es locaux sont en première ligne lors des vagues de chaleur. Pour faire face, nous proposons la création d’un fonds régional permettant aux communes d’ouvrir ou de rénover des lieux pour les rendre frais et accessibles gratuitement (médiathèques, salles municipales, équipements sportifs…) afin d’avoir des refuges climatiques à proximité de chaque Ligérien et Ligérienne. 

Nous proposons également la réalisation d’une cartographie régionale des îlots de fraîcheur, accessible au public et intégrée aux outils d’information touristique et de mobilité.