Nantes, le 18 décembre 2025

La jeunesse est-elle vraiment une priorité pour la majorité régionale ? À l’occasion du Conseil régional destiné au vote du budget primitif 2026, notre groupe a pointé les nombreux renoncements déjà actés en 2025 ainsi que ceux à venir pour 2026. Baisse des aides pour les projets éducatifs, suppression du rapport dédié au soutien des jeunes, refus de la tarification sociale dans les cantines… les jeunes font les frais des choix politiques austères de Christelle Morançais.
Les lycées publics mis en difficulté
Les dotations de fonctionnement des lycées publics soumises au vote confirment, hélas, ce que notre groupe dénonce depuis des mois : la politique budgétaire de Christelle Morançais met en péril le quotidien de nos lycées. Malgré les alertes répétées des chefs d’établissement et des syndicats, rien n’y fait. Après le refus de la proposition que nous avions formulé en octobre 2025, Claire Schweitzer a rappelé nos craintes de voir certains lycées contraints de choisir entre se chauffer et mener à bien des projets éducatifs.
En effet, dans le cadre du renouvellement des modes de calcul des dotations financières des lycées, la majorité a prévu de diminuer les dotations ou de plafonner les augmentations d’aides pour les établissements disposant d’une réserve financière supérieure à 30 jours contre 60 jours actuellement. Ce seuil arbitraire, purement comptable, fragilise la capacité des établissements à faire face à d’éventuelles crises, comme celle liée aux surcoûts de l’énergie entre 2021 et 2023. Pour Claire Schweitzer, cette nouvelle stratégie est inquiétante et anxiogène dans un contexte où, il faut au contraire donner de l’air aux établissements.
Les dépenses facultatives toujours aussi importantes
Depuis la loi « Debré » du 31 décembre 1959, l’enseignement privé sous contrat est financé majoritairement par des fonds publics en contrepartie d’un respect des programmes de l’Education nationale. En 2025, la Région des Pays de la Loire a ainsi budgété 42 348 100 € d’autorisations d’engagement pour assurer le fonctionnement des établissements privés sous contrat d’association avec l’Etat.
En parallèle, la Région peut accompagner, de façon facultative, le financement de projets d’investissement des établissements privés sous contrat. Pour l’année 2026, la Région des Pays de la Loire a inscrit dans le budget une enveloppe de 25 100 000 € d’autorisations de programme. Si cette somme est moins importante que celle allouée aux investissements des lycées publics, Franck Nicolon a rappelé que celle-ci était facultative. Par ailleurs, sur la période 2016-2023, en investissement par lycéen, la Région des Pays de la Loire est celle qui a le plus contribué pour les dépenses d’investissement des établissements privés avec une moyenne de 3 884 € par lycéen contre 6 973 € pour le public, alors que ce n’est pas une compétence des régions.
Pour rappel, l’article 151-3 du code de l’éducation dispose que les établissements privés sont fondés et entretenus par des particuliers ou des associations.
A l’heure où l’impératif de faire des économies budgétaires est de mise, ce constat nous interroge sur les priorités fixées par la Région. Ceci est d’autant plus vrai que Christelle Morançais justifie ses nombreuses coupes budgétaires par le choix de se recentrer sur les dépenses obligatoires de la Région. Une décision qui semble donc être à géométrie variable.
Accompagnement des jeunes : priorité donnée à des écoles privées hors contrat
Nous l’avons répété, l’accompagnement des jeunes est primordial. En accompagnant des milliers de jeunes chaque année, souvent les plus éloignés de l’emploi et de la formation, les missions locales ont un rôle essentiel sur les territoires. En 2024, les 285 points d’accueil ont ainsi suivi 43 000 jeunes sur l’ensemble de la région. Pourtant, la droite régionale a supprimé les 3 millions d’euros d’aides attribuées aux missions locales en 2025. Mais en parallèle, elle poursuit son aide auprès des écoles de production de plus de 2 millions d’euros quand celles-ci n’accompagnent que 438 élèves. En faisant le choix de privilégier un réseau d’écoles privées hors contrat à défaut de poursuivre le soutien des missions locales, la droite régionale assume de mettre en difficulté l’accompagnement des jeunes alors que ceux-ci sont particulièrement exposés au risque de chômage.
Notre groupe a donc proposé que les aides attribuées aux écoles de production soient supprimées au profit des missions locales.
Compétence partagée avec l’Etat, la loi du 5 septembre 2018 a renforcé le rôle des Régions en matière d’orientation. Ainsi, la Région des Pays de la Loire a adopté en octobre 2023, sa Stratégie régionale de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (SREFOP) 2023-2028. Afin de contribuer efficacement à l’orientation des jeunes sur l’ensemble du territoire, la Région s’est dotée d’un dispositif, puis d’un appel à projets à partir de juillet 2024 dédié au soutien des salons départementaux. Six mois plus tard, contre toute attente, la majorité supprime ce dispositif lors du vote du budget primitif de la Région les 19 et 20 décembre 2024, ce dispositif permettait pourtant de soutenir l’orientation des jeunes sur l’ensemble du territoire. Si l’organisation par la Région du Big Bang de l’emploi permet de rassembler un nombre important de visiteurs, il convient de rappeler que cet événement, très couteux (2,25 millions d’euros pour 2026), ne dure que le temps de 5 week-end en automne là ou les salons d’orientation ont lieu continuellement tout au long de l’année. Il est donc certain que cette initiative ne peut se substituer à l’ensemble des forums et des salons d’orientation organisés aux quatre coins de la Région. Notre groupe a donc proposé que la Région se dote de nouveau d’un dispositif d’accompagnement aux salons d’orientation.
Des ordinateurs pour tous les jeunes, mais avec équité
Depuis le début du mandat, la majorité régionale distribue gratuitement un ordinateur portable à chaque élève entrant en classe de seconde. Si nous partageons l’impératif que chaque jeune puisse avoir accès à un outil informatique, cela doit se faire dans le respect d’une certaine équité.
En distribuant gratuitement à l’ensemble des élèves un ordinateur, la droite régionale ne prend pas en compte les différences de moyens existants entre les familles. Le fait d’offrir un ordinateur à des lycéens qui en possèdent déjà un par exemple, revient à satisfaire un besoin qui n’existe pas et n’est accepté que parce qu’il est proposé gratuitement. Etant donné les contraintes budgétaires actuelles, la poursuite de ce dispositif sans évaluation préalable s’apparente à un gaspillage d’argent public. C’est pourquoi, nous avons proposé que la Région ajuste ce dispositif en prenant en compte le quotient familial pour demander une participation financière évolutive aux familles en fonction de leurs moyens, tout en veillant à ce que l’acquisition d’un ordinateur reste accessible pour toutes et tous.
Notre groupe rappelle que pour l’année 2026, le budget dédié à la distribution des ordinateurs est 11,5 millions d’euros pour les élèves des lycées publics et 8 millions d’euros pour les élèves des lycées privés, soit un total de 19,5 millions d’euros auxquels il convient d’ajouter 1,2 million d’euros pour la gestion de l’ensemble des prestations de services utilisateurs, SAV… Une somme très conséquente qui, comme l’a rappelé Claire Schweitzer, fait perdurer les inégalités en offrant le même soutien à tous, sans distinction. Nous avons donc proposé un amendement pour que les familles en capacité de participer à l’acquisition de cet ordinateur le fassent pour que l’argent public se concentre en priorité vers celles et ceux qui en ont le plus besoin.
