Nantes, le 17 octobre 2024

Entre l’annonce du Premier ministre de réduire les dotations de l’État aux collectivités et celle de Christelle Morançais dans la presse, où elle envisage de réaliser 100 millions d’euros d’économies de fonctionnement en 2025, la session du Conseil régional dédiée au débat d’orientation budgétaire pour 2025 a suscité de nombreuses interrogations. Pascale Hameau, notamment, a questionné la majorité sur ses projets d’investissement et l’ampleur des coupes budgétaires envisagées.
Le 4 octobre dernier, le rapport d’orientations budgétaires a été transmis aux membres du Conseil régional en vue du débat lors de la séance plénière du 17 octobre. Ce rapport fait plusieurs fois référence à la réduction du Fonds Vert de l’État, une enveloppe budgétaire dédiée à l’accélération de la transition écologique dans les territoires, lourdement impactée par le projet de loi de finances 2025.
Dans l’attente du vote du budget au Parlement, il est question d’une baisse de 1,5 milliard d’euros sur les 2,5 milliards actuels. Bien plus qu’un grain de sable dans la chaussure des collectivités, c’est un véritable rocher que le gouvernement y a déposé.
Malgré cela, la majorité annonce un plan d’investissement pluriannuel de 1,637 milliard d’euros pour la transition écologique. Si cette annonce va dans le bon sens, la conjoncture actuelle soulève des questions sur les modalités de financement de ces investissements. Pascale Hameau a également relevé l’absence de précisions concernant les projets qui seront soutenus et la répartition budgétaire prévue.
Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, la gestion économique désastreuse du gouvernement Macron ces sept dernières années a plongé le pays dans une situation financière catastrophique. Mais plutôt que de chercher de nouvelles sources de recettes, le gouvernement préfère s’attaquer aux budgets des collectivités territoriales, en décidant unilatéralement de réduire les dotations. Ainsi, la Région des Pays de la Loire se verra amputée de 44,8 millions d’euros pour l’année 2025.
Alors que la grande majorité des élu-es déplorent cette décision du gouvernement, qui pénalise lourdement les collectivités, Christelle Morançais se montre publiquement en accord avec cette mesure. Elle va même plus loin, en annonçant dans la presse vouloir réaliser 100 millions d’euros d’économies de fonctionnement en 2025.
Cette annonce nous choque autant qu’elle nous surprend, d’autant qu’en parallèle de ce « tour de vis » budgétaire, la majorité ne semble pas envisager d’instaurer, par exemple, une conditionnalité des aides accordées aux entreprises.
Nous avons donc posé une question simple à la majorité lors de la session : « Avec ces 100 M€ d’économies, quels services régionaux vont être amputés ? » À ce jour, cette question reste sans réponse, car malgré ses proclamations de transparence, la majorité a fait preuve d’une grande opacité tout au long de cette session sur ce sujet.