La droite régionale ignore les revendications lycéennes, réduisant encore un peu plus les budgets

Depuis plus de deux semaines, des lycéennes et des lycéens se mobilisent partout en France, et notamment dans les Pays de la Loire, pour réclamer davantage de moyens et des conditions d’étude dignes. Alors que leurs revendications restent sans réponse, Christelle Morançais choisit d’amputer les moyens consacrés au fonctionnement des lycées publics. Une décision que nous dénonçons et à laquelle notre groupe a opposé plusieurs propositions concrètes pour répondre aux besoins des jeunes et des établissements.

Face aux revendications des élèves, des enseignant·es et des parents d’élèves, Christelle Morançais préfère multiplier les interventions sur les plateaux de télévision pour dénoncer les violences commises en marge des mobilisations. Mais lors du dernier Conseil régional, les choix de la majorité ont également confirmé son refus de répondre aux difficultés rencontrées par les lycées publics.

En ouverture du Conseil régional, notre groupe a présenté un vœu porté par William Aucant, demandant à l’État de prévoir, dans le projet de loi de finances pour 2027, des moyens suffisants pour recruter des enseignant·es, des assistant·es d’éducation, des infirmier·ères scolaires et des psychologues. Nous y avons également demandé l’abrogation de Parcoursup. La droite régionale a rejeté ce vœu, le qualifiant de « honte », n’évoquant que des actes de violences commis en marge des mobilisations et parlant d’instrumentalisation sans jamais s’exprimer sur le fond de notre vœu et sur les propositions que nous avons formulées. 

En plus de rejeter notre vœu en soutien aux revendications des jeunes, la majorité régionale a acté une baisse des dotations de fonctionnement des établissements publics locaux d’enseignement (EPLE). Dans le contexte actuel de mobilisation lycéenne, cette décision est incompréhensible. Pour justifier cette baisse, la majorité invoque notamment les économies d’énergie et minimise son ampleur, en rappelant qu’elle représente 1 % de l’enveloppe globale, soit 400 000 euros. Mais le fait est que sur les 117 lycées publics de la région, 52 voient leur dotation diminuer en 2027. L’argument de la majorité est d’autant plus fallacieux que contrairement à l’an passé, la région compte désormais un lycée de plus depuis l’ouverture de celui de Saint-Philbert de grand lieu à la rentrée dernière. 

A contrario, pour garantir un bon fonctionnement des lycées et assurer la pérennité des projets éducatifs, nous avons proposé que la région débloque une enveloppe d’urgence de 1,5 million d’euros d’ici la fin de l’année pour le fonctionnement des lycées et augmente la dotation globale de fonctionnement de 10 millions d’euros pour 2027.

Par ailleurs, face à l’urgence de rénover certains établissements, Franck Nicolon a demandé que la majorité réoriente les fonds destinés aux travaux dans les lycées privés vers ceux dans les lycées publics. Pour rappel, la région a l’obligation légale de soutenir le fonctionnement des lycées privés au même titre que les lycées publics. En revanche, elle n’a pas d’obligation en matière de soutien des investissements des lycées privés contrairement aux lycées publics dont elle est la gestionnaire. Or, la région des Pays de la Loire est l’une de celles qui investit le moins pour les travaux dans les EPLE. Pourtant, elle est celle qui finance le plus les travaux et investissements pour les lycées privés.

Balance comptable des collectivités locales de 2016 à 2023 / La Gazette des communes