Comment la Région peut-elle atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre sans budget ?

« La région Pays de la Loire doit intensifier ses efforts pour s’inscrire dans une trajectoire énergétique et climatique plus soutenable, et atteindre les objectifs qu’elle a fixés en cohérence avec les objectifs nationaux inscrits dans la Loi de transition énergétique ». Voilà ce que la Région a inscrit dans son Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires (SRADDET). À l’occasion du Conseil régional, Elsa Richard et William Aucant ont donc questionné la majorité pour savoir comment elle compte atteindre ces objectifs malgré les baisses drastiques du budget régional consacré au développement des énergies renouvelables.

Parmi ses compétences, la Région est censée donner l’impulsion, coordonner les acteurs et montrer l’exemple pour réduire les émissions de GES et développer les énergies renouvelables.

Si ces émissions baissent en Pays de la Loire, elles restent toutefois nettement supérieures à la moyenne nationale ( 6,7 tCO₂ par habitant contre 5,5 teqCO₂ au niveau national). L’actuelle diminution des émissions de GES aussi positive soit-elle, reste insuffisante. L’absence d’une véritable programmation budgétaire dédiée à la transition écologique et énergétique au niveau régional limite grandement le rythme de réduction des émissions de GES. Sans budget suffisant, l’ambition affichée dans le SRADDET risque de demeurer lettre morte. Or, les choix budgétaires de la majorité régionale semblent sous-estimer les enjeux ainsi que les obligations qui incombent pourtant à la région en matière d’énergie et de climat.

Crédits alloués à la transition énergétique et à la lutte contre le changement climatique supprimés, fin des aides au développement du covoiturage, suppression des aides pour la rénovation thermique… À l’heure où la Région devrait redoubler d’efforts, la suppression pure et simple de certains financements nous interpelle vivement.

Quand nous interrogeons la majorité pour savoir comment elle envisage de maintenir la Région dans la trajectoire énergétique et climatique qu’elle s’est fixée, la réponse apportée a été de féliciter les quelques investissements dans des projets industriels et énergétiques, de rappeler que la Région prévoit d’investir dans la rénovation des lycées et enfin de souligner qu’un bilan sur les émissions de GES de la Région a récemment été produit. La majorité semble se contenter de cela, persuadée de faire le nécessaire et d’être exemplaire.

Malgré un contexte national et international dense, la crise climatique est toujours en cours, et les coûts de l’énergie continuent d’augmenter. Pourtant, la politique régionale de rénovation thermique s’enlise dans l’austérité. Le vote de décembre dernier, supprimant définitivement l’Aide Régionale aux Économies d’Énergie pour les Particuliers (AREEP) au 31 décembre 2025, illustre de façon spectaculaire le désengagement de la Région à l’égard des ménages les plus modestes.

Un simple regard sur les chiffres de ces dernières années montre une chute vertigineuse des crédits et du nombre de dossiers soutenus : plus de 15,5 millions d’euros en 2015 contre à peine 600 000 euros en 2025, pour clore les 150 derniers dossiers. Ce retrait total est incompréhensible à l’heure où la précarité énergétique s’aggrave : plus de 270 000 ménages en Pays de la Loire peinent à se chauffer correctement, et les situations de factures impayées se multiplient, comme l’ont confirmé les travaux du CESER des Pays de la Loire.

À notre question de savoir quels moyens concrets la Région entend-elle mobiliser dès 2025 pour éviter un abandon pur et simple de ses objectifs de rénovation énergétique, particulièrement dans le parc privé, la majorité renvoie la balle à l’Etat, expliquant que la rénovation énergétique des habitations est avant tout sa compétence. Dans un deuxième temps, l’un des Vice-présidents du Conseil régional a également insisté sur l’impératif de massification de la rénovation. Une drôle de réponse car pour favoriser la rénovation, la moindre des choses est encore de conserver les outils et leviers disponibles pour accompagner les particuliers dans la rénovation de leur logement.