Budget régional 2026 : des reculs préoccupants face aux défis du monde agricole

Réuni en session pour le vote du budget primitif 2026, le Conseil régional s’est tenue dans un contexte agricole particulièrement tendu. Entre opposition massive au traité Mercosur, crises sanitaires et enjeux cruciaux liés à la préservation et au partage de la ressource en eau, le monde paysan traverse une période de fortes turbulences. À cette occasion, Sabine Lalande est intervenue pour dénoncer les nombreux reculs de la majorité régionale et son incapacité à anticiper les difficultés auxquelles les agricultrices et agriculteurs sont confrontés, compromettant ainsi une réponse efficace et durable aux crises actuelles.

Si le budget primitif 2026 de la Région intègre une poursuite des stages d’accompagnement à la reprise d’exploitation sous forme de contrats de parrainage, ce que nous saluons, nous regrettons toutefois la fin des aides pour les stages paysans créatifs, portés par la Coopérative d’Installation en Agriculture Paysanne (CIAP). Ces deux dispositifs étant complémentaires, notre groupe a déposé un amendement pour rétablir ce dispositif. Ceci est d’autant plus important que l’enjeu du renouvellement des générations est plus que jamais d’actualité. La Région se doit donc d’accompagner toutes les initiatives œuvrant en ce sens sans opposer les modèles ou hiérarchiser les parcours.

Autre signal inquiétant, la fin des aides au maintien pour l’agriculture biologique. Alors que les paysannes et les paysans bio traversent actuellement une crise grave, que la protection des sols, de la biodiversité et et de la ressources en eau sont plus que jamais d’actualité, la droite régionale fait le choix de supprimer le dispositif « Pass Soutien Bio ». Devant ce signal inquiétant, notre groupe a proposé de maintenir ce dispositif d’intérêt général.

En fin d’intervention, Sabine Lalande est intervenue au sujet des crises sanitaires. Qu’il s’agisse de la grippe aviaire ou de la dermatose nodulaire contagieuse, la logique est toujours la même : L’urgence, l’abattage puis la sidération. Notre groupe adresse son soutien aux éleveurs et éleveuses touchés par ces épidémies. Un cheptel n’est pas un stock, mais le travail d’une vie et de parfois plusieurs générations. Devoir abattre la totalité d’un cheptel est une violence inouïe. Pourtant, face à ces crises sanitaires répétées, des alternatives existent. Les vétérinaires européens le rappellent : la vaccination est l’outil le plus efficace. Mais force est de constater qu’il n’existe pas de stratégie régionale efficiente en matière d’anticipation et de vaccination. Qu’il s’agisse de mise aux normes de biosécurité des élevages, de l’augmentation des capacités d’équarrissage ou du développement d’une stratégie vaccinale, notre région doit être au rendez-vous pour accompagner le monde paysan.

A l’occasion du vœu déposé par le Printemps des Pays de Loire pendant cette session, notre groupe s’est de nouveau opposé à la signature du l’accord de libre échange UE-Mercosur. En cohérence avec le vœu similaire nous avions déjà proposé en octobre et que la majorité avait aussi rejeté, notre groupe a rappelé son soutien à notre agriculture. Cet accord risque de soumettre nos agriculteurs à une concurrence déloyale par des fermes usines qui se développent du fait de la déforestation, face à une agriculture traitée par des pesticides interdits dans l’Union Européenne ou qui élève des animaux avec des produits interdits. Une nouvelle fois, la droite s’est une nouvelle opposée à cela, bafouillant sur son opposition au Mercosur tout en rejetant notre position au prétexte que nous nous sommes opposés à la stratégie élevage de la Région en mars dernier.

Pour notre groupe, la position est claire, cet accord dangereux pour notre économie mais également pour la santé et l’environnement.