Budget 2026 : pour une Région qui fait de l’égalité des droits une priorité et affirme son engagement féministe

Il y a un an, la droite régionale de Christelle Morançais coupait à tout va dans les subventions régionales destinées aux acteurs associatifs de la Région. Parmi eux, l’ensemble des structures agissant contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité. Bien que la majorité ait refusé d’évaluer l’impact de ces coupes, notre groupe a mené ce travail à bien avec le groupe du Printemps des Pays de la Loire. Avec les structures auditionnées, nous avons conjointement travaillé sur plusieurs propositions d’amendements en faveur de l’égalité. Nous les avons portées au cours du Conseil régional dédié au vote du budget 2026.

Baisse des moyens, hausse des violences

Le budget consacré à l’égalité femmes-hommes a été divisé brutalement par 10 en décembre 2024. De nombreuses conséquences dramatiques sont à déplorer : suppression de permanences, arrêt du dispositif des 3 réseaux de sensibilisation dans les lycées, licenciements sur des postes clés dans les associations, reculs de l’action dans les zones rurales. Ces réalités, les femmes et co-victimes les vivent au quotidien, les associations les mesurent. Avec le Printemps des Pays de la Loire, notre groupe a recensé ces conséquences dans une enquête dédiée : Enquête – La réalité des choix budgétaires de Christelle Morançais : quand l’égalité femmes-hommes n’est qu’une ligne budgétaire

Pourtant les violences ne reculent pas :

  • En 2023 en Pays de la Loire, selon l’INSEE, 16 900 femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles. Ce chiffre, déjà élevé, ne reflète qu’une partie de la réalité, car de nombreuses victimes ne portent pas plainte ou ne se signalent pas aux autorités
  • Les féminicides augmentent encore par rapport à l’année dernière en France

Face à cette situation, notre groupe adresse toutes ses pensées et son soutien aux victimes et aux co-victimes, à leurs proches, ainsi qu’aux associations et professionnel·les qui, malgré des moyens toujours plus réduits, continuent de lutter chaque jour contre les violences et pour l’égalité.

« Les mots ont un sens, les actes en sont la preuve »

Franck Nicolon est ainsi intervenu pour dénoncer les coupes dans les budgets de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il rappelle que ces coupes interviennent alors que Christelle Morançais, sa majorité régionale, tout comme sa famille politique au gouvernement avaient choisi d’en faire respectivement « une priorité régionale » lors des élections de 2021 et une « grande cause nationale du quinquennat ».

« Osons les Joséphine du quotidien ! »

Ces engagements ont fait pshiiitt…Résultat : la politique régionale d’égalité se résume aujourd’hui aux trophées Joséphine, une soirée annuelle qui met à l’honneur quelques lauréates. 2025 a célébré cinq femmes pendant que des milliers d’autres restent invisibilisées et sans soutien concret.

Lors de la session budgétaire, Gaëlle Rougeron a ainsi interpellé la Présidente de Région :

 » Madame la Présidente, vous remettez un trophée à 5 femmes fabuleuses, nous proposons que la collectivité prenne sa part, parce que nous sommes toutes et tous concernées. Que notre collectivité s’engage auprès des associations, pour prévenir, protéger, accompagner. Osons les Joséphine du quotidien. »

Pour passer des discours aux actes, les associations, en lien avec nos groupes, ont travaillé à des propositions concrètes que la Région pourrait immédiatement mettre en œuvre. Des mesures réalistes pour faire de l’égalité des droits une véritable priorité régionale et affirmer un engagement féministe clair. Ces propositions ont été présentées par Gaëlle Rougeron lors de cette session.

Cliquez sur les images pour découvrir nos amendements :

Une majorité régionale qui choisit l’inaction et détourne le regard

Sans surprise, aucun de ces amendements n’a été adopté. Pour autant, il est indispensable de s’arrêter sur les raisons avancées pour justifier ces refus. Des justifications fallacieuses qui ne sauraient cacher une majorité mal à l’aise avec ses propres décisions. Deux arguments sont martelés en boucle, comme si leur répétition suffisait à en faire des vérités.

Le premier consiste à renvoyer la responsabilité à l’État. Certes, une politique nationale ambitieuse est indispensable. Mais lorsque l’État fait défaut, peut-on se contenter de le dénoncer sans agir à notre propre échelle ? Les collectivités ont aussi un rôle à jouer. L’absence d’action de la Région contribue à mettre des femmes et de enfants en danger.

Le deuxième argument affirme que l’égalité femmes-hommes ne relèverait pas d’une compétence obligatoire de la Région. Cette affirmation est pour le moins contestable. Les régions ont notamment l’obligation de publier un rapport annuel sur l’égalité femmes-hommes, précisément pour rendre compte de leurs actions en la matière. Cette obligation démontre bien qu’elles sont tenues d’agir, et non de se défausser ! Il y a fort à parier que le prochain rapport annuel sera réduit à peau de chagrin…

Un troisième argument est également avancé : l’absence de budget dédié serait la preuve que l’égalité est une politique transversale, supposée irriguer l’ensemble des politiques publiques régionales. Mais à y regarder de plus près, cette transversalité reste largement théorique. Dans le domaine agricole, par exemple, rien n’est réellement mis en œuvre pour féminiser le secteur ou lutter contre les stéréotypes de genre. C’est précisément ce que proposait l’un de nos amendements, lui aussi rejeté.