Nantes, le 4 mars 2025

Alors que la majorité régionale meurtrit les Pays de la Loire par des coupes budgétaires arbitraires et brutales, notamment dans la culture, elle a octroyé pour l’Abbaye de Fontevraud une augmentation de ses aides de 296% en 11 ans et a élargi ses missions sans cadre. Nous demandons à Christelle Morançais de s’expliquer sur ces choix et de veiller au respect des règles financières et contractuelles de la délégation de service public.
Avec ses 4,8 millions d’euros de budget, l’abbaye de Fontevraud capte aujourd’hui 42 % du budget de la culture. Un montant qui questionne d’autant plus que la délégation de service public (DSP) de l’Abbaye, signée par la Région en 2014, fixait le montant annuel des subventions à 1,7 millions d’euros par an (1,1 million d’euros en fonctionnement et de 600 000 euros en investissement).
Ce triplement de la contribution financière de la Région est le résultat, depuis 2019, d’une multiplication des avenants à la DSP initiale de 2014, le dernier adopté le 7 février par le Conseil régional en étant le dix-septième. Par avenant également, les missions confiées à la Société publique régionale de l’Abbaye de Fontevraud (SOPRAF) ont été substantiellement élargies, notamment avec l’arrivée du Musée d’Art Moderne en 2020, sans qu’une nouvelle convention soit établie, contrairement à ce que suggèrent pourtant les règles de la commande publique.
Si la gestion de ce nouveau musée d’art contemporain peut expliquer en partie la hausse des aides régionales pour l’Abbaye de Fontevraud, en aucune façon cela suffit à expliquer cette hausse de 296 % des aides en l’espace de 11 ans ! Pourquoi la majorité régionale s’engouffre-t-elle dans des dépenses de prestige sans compter quand elle coupe tout par ailleurs ? La culture et la C7 financeraient-ils le déficit structurel de Fontevraud et du Musée d’Art Moderne? Comment se fait-il que la contribution de la Région soit 300% supérieure à la convention initiale ?
Le service public de la culture mérite une bonne gestion des fonds publics, tout comme les équipes de Fontevraud et de la Région doivent pouvoir disposer d’un cadre contractuel solide. Dans son rapport de 2019, la Chambre Régionale des Comptes recommandait pourtant déjà une meilleure organisation du suivi des subventions, un contrôle plus rigoureux des dépenses et une amélioration du contrôle régional pour assurer une meilleure gestion des fonds publics. Christelle Morançais se considère-t-elle au-dessus de la loi ?
Nous, Le groupe L’écologie ensemble, demandons que la situation financière et contractuelle de Fontevraud soit clarifiée à travers : la mise en place d’une nouvelle convention, intégrant le musée et les dépenses prévues à cet effet, mais aussi une vision pluriannuelle claire des dépenses de fonctionnement et d’investissement. Nous demandons enfin à la majorité régionale de repenser complètement sa politique culturelle afin qu’elle vienne en soutien au secteur dans sa diversité et pour l’accès aux droits culturels pour toutes et tous.
Franck Nicolon, conseiller régional membre de la commission Culture,
Elsa Richard, conseillère régionale membre du Conseil d’Administration de la SOPRAF
et les élu.e.s du groupe L’écologie ensemble au Conseil régional