Nantes, le 15 octobre 2026
La session du Conseil régional s’est tenue dans un contexte économique particulièrement incertain et préoccupant. Une croissance quasi à l’arrêt, une consommation qui ne repart pas, un investissement à la peine, un marché du travail qui se dégrade, des défaillances d’entreprises qui restent à des niveaux historiques. Si les Pays de la Loire résistent mieux que d’autres régions, il est du devoir de notre collectivité que d’anticiper les crises à venir et d’apporter des des réponses concrètes pour préparer la transformation de notre économie, ce que Solène Mesnager et Elsa Richard ont souligné.
Face aux incertitudes économiques, il est urgent d’anticiper et de sécuriser l’avenir
Le rapport d’orientation budgétaire pour 2027 présenté au Conseil régional détaille la stratégie financière de la collectivité. En revanche, il reste largement silencieux sur la stratégie économique que la Région entend déployer pour accompagner les entreprises. La majorité régionale annonce la poursuite des prêts aux entreprises, du soutien à la recherche et à l’innovation ainsi que des investissements touristiques, mais sans véritable cadre stratégique. Elle se contente ainsi de reconduire des dispositifs existants, sans présenter de vision d’ensemble ni démontrer leurs effets concrets sur l’économie ligérienne.
Autre constat saisissant, lors de cette session, aucun rapport sur l’industrie n’était à l’ordre du jour. De même concernant l’économie de proximité. Ces absences s’inscrivent dans une tendance que nous dénonçons depuis plusieurs mois d’effacement progressif de la Région dans l’accompagnement du développement économique. En supprimant des lignes budgétaires, des dispositifs et des moyens d’intervention, la majorité de Christelle Morançais affaiblit les capacités d’action de notre collectivité. Les moyens consacrés aux PME sont ainsi passés d’environ 6,36 millions d’euros en 2023 à moins de 2 millions d’euros en 2025.
Face aux incertitudes économiques, la droite régionale préfère se replier sur elle-même plutôt que d’accompagner les acteurs économiques dans les transformations qui s’imposent. Décarbonation, intelligence artificielle, innovation : ces enjeux majeurs nécessitent une vision de long terme, des investissements et un accompagnement adapté. La Région doit être au rendez-vous, au lieu de se contenter de reconduire des dispositifs sans stratégie d’ensemble.
Intelligence artificielle : la majorité régionale démontre elle-même l’importance de se former à ses usages
Il y a un an, la majorité régionale présentait de nouvelles actions structurantes en matière d’innovation, d’intelligence artificielle et d’export, dans le cadre de son « accélérateur économique ». À cette occasion, notre groupe avait formulé plusieurs propositions pour favoriser le développement d’une intelligence artificielle régionale éthique, responsable et soutenable. Toutes avaient été rejetées par la majorité.
Quelle ne fut donc pas notre surprise de voir, quelques jours avant la session du Conseil régional, un conseiller de la majorité, diffuser sur ses réseaux sociaux, un photomontage généré par IA, pour enflammer le débat concernant la mobilisation lycéenne. Cet exemple illustre l’importance que de former aux usages de l’intelligence artificielle.
Maîtriser l’IA, ce n’est pas seulement savoir générer une image ou utiliser un outil. C’est comprendre ce qu’on produit, savoir l’identifier comme tel, mesurer les risques de manipulation, de confusion et de désinformation, et assumer une responsabilité particulière lorsqu’on exerce un mandat public.
La région doit interpeller l’Etat pour demander plus de moyens pour la recherche.
Si nous partageons au sein de l’hémicycle l’objectif de renforcer la recherche en Pays de la Loire et sa capacité à contribuer aux grandes transitions économiques, écologiques et sociales, nous ne sommes en revanche pas d’accord concernant le soutien à accorder aux universités pour garantir l’atteinte de cet objectif.
Aujourd’hui, il est demandé aux équipes universitaires toujours plus d’excellence, de visibilité internationale, de partenariats et de réponses aux appels à projets, mais avec des moyens toujours plus contraints.
Si la Région ne décide pas des recrutements relevant de l’État dans les universités, elle dispose néanmoins de leviers d’action. Elle peut évaluer les effets de ses propres dispositifs, renforcer son soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche et interpeller plus activement l’État afin de proposer des solutions pour répondre aux difficultés de financement des établissements.
Si la majorité de Christelle Morançais reconnaît elle-même que les universités de notre région manquent de moyens, cette reconnaissance ne s’est pas traduite par une démarche suffisamment proactive pour rechercher de nouvelles sources de financement ou pour porter auprès de l’État une demande ambitieuse de moyens supplémentaires.
