Pays de la Loire « Terre de cinéma » ? Pourquoi refuser un partenariat renforcé avec le CNC

Le 10 mai dernier, le président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a présenté un partenariat renforcé proposé aux régions pour la période 2026-2029. Ce dispositif permettra aux collectivités de bénéficier de financements supplémentaires pour les actions de diffusion culturelle et d’éducation à l’image. La région Pays de la Loire, conduite par Christelle Morançais, est la seule région hexagonale à refuser de s’engager dans ce partenariat renforcé.

Pourquoi la Région des Pays de la Loire a refusé ce partenariat renforcé du CNC visant à abonder les investissements en faveur de la diffusion cinématographique, se privant ainsi d’un soutien financier de l’un des trois principaux financeurs du cinéma français ? C’est la question posée à Isabelle Leroy, vice-présidente Culture de la majorité de Christelle Morançais 

En signant ce partenariat renforcé, les régions se sont engagées à maintenir leur financement pour le cinéma, le CNC propose alors une bonification allant jusqu’à 2 ou 3 fois le montant investi sur certaines actions. La Région Grand Est réfléchit déjà à des initiatives pour relancer la fréquentation dans les cinémas ruraux de son territoire. Ce partenariat renforcé ambitionne à l’échelle nationale de préserver des centaines de salles de cinéma, d’actions d’éducation à l’image et des festivals. 

A l’heure où la concentration des médias et de l’industrie du cinéma fait de plus en plus craindre la mise en place d’une possible censure par les réseaux d’extrême-droite, il est du devoir des collectivités de défendre et préserver la diffusion d’œuvres indépendantes.  Choisir de ne pas soutenir le pluralisme culturel est un signal inquiétant. 

Pour Franck Nicolon, “ La décision est incompréhensible, ce partenariat renforcé est gagnant-gagnant pour la région, les professionnels du cinéma et les Ligériens et Ligériennes. La majorité régionale qui défend si fièrement ce qu’elle désigne comme son “ambition terre de cinéma” (-25% de budget en une année) s’illustre davantage aujourd’hui par une politique de “terre brûlée” où la culture, méprisée et dénigrée est la cible de vives attaques depuis plus d’un an.” 

Notre groupe demande à Christelle Morançais de reconsidérer la proposition du CNC afin que les professionnel·les du cinéma puissent bénéficier de ces nouvelles sources de financement qui, par ruissellement profiteront aux Ligériennes et Ligériens.