Commission permanente du 30 avril : la droite régionale abandonne les territoires ruraux

A l’occasion de la commission permanente qui s’est tenue ce jeudi 30 avril, la première de 2026, la droite régionale de Christelle Morançais s’est de nouveau attaquée aux services publics et en particulier à ceux des territoires ruraux. Face à cette nouvelle offensive, Lucie Etonno, Gaëlle Rougeron, Sabine Lalande et Elsa Richard ont défendu le maintien d’un service public accessible à l’ensemble des ligériennes et des ligériens tout en dénonçant les multiples coupes budgétaires drastiques contre les acteurs du territoire que multiplie la majorité depuis fin 2024.

Un an après le drame qui a touché le lycée Notre Dame de Toute Aide à Nantes et conduit au décès tragique de la jeune Lorène, le 10 avril dernier, un jeune lycéen a agressé à l’arme blanche une camarade de classe au lycée Joubert-Émilien-Maillard d’Ancenis. Lors de la commission permanente, notre groupe a rappelé son soutien envers la victime, sa famille, ses proches ainsi que toute la communauté éducative. Il y a un an déjà, notre groupe alertait sur l’urgence à agir pour le bien être et la santé mentale des jeunes. Face à ces drames, on ne peut pas seulement blâmer les parents. La Région, en tant qu’institution responsable des lycées a un devoir à agir pour assurer la sécurité des élèves. La priorité doit être donné à la jeunesse et à son bien-être, c’est pourquoi nous demandons qu’un plan d’action en faveur de la santé mentale des jeunes soit mené au plus vite dans les établissements scolaires.

Depuis le début du mandat, la droite régionale de Christelle Morançais n’a de cesse que d’augmenter année après année le tarif des transports scolaires. Cette fois, la majorité s’est attaquée aux territoires ruraux dans par l’intermédiaires des regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI). Jusqu’à présente, les élèves scolarisés dans les RPI bénéficiaient d’une tarification spécifique de 90 €. Dès la rentrée prochaine, cette tarification passera à 171 €. Cette augmentation brutale, décidée sans concertation avec les usagers et les élu·es des territoires marque un abandon des familles rurales dans un contexte d’hausse des prix du gasoil et de la vie quotidienne.

Sous couvert de cette prétendue égalité, la majorité ferme une fois de plus les yeux sur les contraintes spécifiques auxquelles sont confrontées les familles en milieu rural, estimant que les hausses tarifaires puissent constituer un frein pour l’accès à l’enseignement.

Pour dénoncer cette hausse, notre groupe a co-signé une tribune avec Elise Leboucher, députée LFI de Sarthe, Jean-Claude Raux, député écologiste de Loire-Atlantique et Matthias Tavel, également député LFI de Loire Atlantique

A l’occasion de cette commission permanente, la majorité régionale a voté le lancement d’une expérimentation intitulée « Initiation à l’usage de l’Intelligence Artificielle » à destination des lycéen·nes. Au delà de l’absence d’information sur le montant de cette expérimentation et sur le ou les prestataires qui interviendront dans les lycées auprès des jeunes, les rapports soumis au vote n’abordent pas les sujets de prévention, d’usages raisonnés, ou encore des façons de se protéger de l’IA.

Si l’IA est aujourd’hui en pleine expansion, elle fait également l’objet de très nombreuses dérives, à l’image des phénomènes inquiétants des grooming, des deepfakes sexuels dont de nombreuses jeunes femmes sont victimes. Si notre propos n’est pas d’interdire l’IA, nous souhaitons que son utilisation se fasse dans un cadre qui garantisse la sécurité des élèves.

Il y a deux mois, notre groupe a été alerté par le réseau des écoles de la deuxième chance au sujet de l’arrêt du soutien de la région aux écoles de la deuxième chance. Ce soutien est indispensable parce qu’il assure un cadre de formation adapté et une rémunération aux stagiaires engagés dans les dispositifs PREPA.

Aujourd’hui, la droite régionale intègre l’ensemble des formations dans un seul marché public « 1 emploi = 1 formation ». Problème, ce marché ne prend pas en compte les spécificités des jeunes accueillis par les écoles de la deuxième chance qui, pour certains, sont en décrochage scolaire et social.

De son côté, la majorité parle de marché concurrentiel, estimant que les écoles de la deuxième chance sont sur la même ligne de départ que les autres acteurs et qu’elles ont pleinement leur place dans le marché proposé.

De notre côté, nous avons dénoncé ces coupes en appelant au maintien des indemnisations des stagiaires.

A l’occasion du vote du budget 2024, la majorité régionale s’était engagée à effectuer une évaluation de l’impact des coupes budgétaires. Depuis, nous n’avons pas eu de nouvelles sur l’avancée de ces travaux d’analyse. Face à l’ampleur des conséquences des coupes budgétaires régulièrement relayées dans la presse, nous avons interrogé la majorité sur les délais et modalités de transmission de cette évaluation. Comme réponse, le vice président aux finances c’est de nouveau engagé à nous transmettre cette évaluation. Dans la presse, la période de mi-2026 a également été avancée par la majorité.

Depuis, pas de nouvelles, aucune garantie sur la confirmation de la date et des modalités de présentation de cette évaluation devant l’assemblée régionale. Nous avons donc transmis nos demandes par courrier et sollicité la majorité régionale à l’occasion de cette commission permanente.

En guise de réponse, Christelle Morançais a coupé la parole au vice-président aux finances qui semblait vouloir nous donner quelques éléments de détail pour finalement nous dire qu’elle nous répondra pas écrit. Visiblement agacée par cette question, la présidente aurait-elle des choses à cacher ?