Nantes, 11 septembre 2025

Me voici au sein du Conseil régional des Pays de la Loire, où j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage du 1er au 12 septembre, dans le cadre de ma licence d’histoire qui s’achèvera en 2026. Ce stage, réalisé auprès du groupe « L’écologie ensemble » m’a permis de découvrir le métier de collaborateur·trice politique, grâce à l’accompagnement bienveillant et pédagogique de l’équipe. J’ai ainsi pu satisfaire ma curiosité pour une profession souvent méconnue, exigeant rigueur, réactivité et sens de l’organisation. Travailler dans l’ombre d’un·e élu·e demande une veille constante, une capacité à formuler des propositions claires et précises, et à réagir rapidement à une actualité parfois brûlante. Le groupe compte aujourd’hui 12 élu·es, soutenu·es par deux collaborateurs·trices.
Face à une telle charge de travail, la coordination et la communication interne sont essentielles, qu’elles soient à distance ou en présentiel. C’est pourquoi des réunions hebdomadaires, organisées chaque lundi, réunissent élu·es et collaborateurs·trices afin d’établir une trame commune. Ces temps d’échange permettent de structurer les missions : rédaction de notes, préparation d’interventions ou gestion de la communication sur les réseaux sociaux, en fonction des priorités et des idées portées par le groupe.

Dans ce cadre, j’ai eu l’opportunité de suivre une mission qui résonne particulièrement en moi : une Mission d’Information et d’Évaluation (MIE) portant sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette initiative est née d’un contexte politique et budgétaire difficile à accepter. Lors du vote du budget régional 2024, la présidente de la Région Pays de la Loire, Christelle Morançais, a annoncé un plan d’économies de 100 millions d’euros pour l’année 2025. Cette décision a entraîné la suppression de 100 % des subventions régionales des associations œuvrant pour les droits des femmes et l’égalité de genre. Face à cette situation, les groupes d’opposition, L’Écologie Ensemble et Le Printemps ont déposé une demande de MIE visant à évaluer concrètement les impacts de ces coupes sur les structures concernées. Cette mobilisation traduit une conviction forte : les associations qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles constituent un pilier essentiel du tissu social. Dans un contexte alarmant où les féminicides continuent de croître, il apparaît plus que jamais nécessaire de défendre ces structures et de mesurer les conséquences réelles des arbitrages budgétaires.
Dès la première semaine de septembre, des auditions ont été organisées afin de recueillir les témoignages d’associations directement impactées par la suppression brutale des subventions régionales. L’objectif est de documenter précisément les conséquences de ces coupes sur leur fonctionnement et leur capacité d’action. Mon rôle principal a été de préparer des notes à destination des élu·es en charge des auditions. Cette préparation en amont permettait de gagner en efficacité durant les échanges, en évitant les zones d’ombre et en ciblant les enjeux essentiels. Ainsi, les témoignages entendus sont bouleversants. Les associations racontent les difficultés croissantes rencontrées par des associations démunies, contraintes de réduire ou cesser leur activité, alors même qu’elles viennent en aide à des femmes et enfants isolés, souvent prisonnier.es de situations de grande violence. Face à cela, les choix budgétaires de Christelle Morançais apparaissent d’autant plus inacceptables, sa politique entrave directement le développement de structures essentielles à la protection et à l’accompagnement de milliers de personnes vulnérables dans la région.

Au-delà de cette mission prioritaire, j’ai également eu l’opportunité de m’impliquer dans l’actualité mouvementée de la région en cette période de rentrée. En effet, Christelle Morançais a lancé un nouveau média dédié à l’orientation, semblant surtout de vitrine à la politique jeunesse de la présidente de région, dans une tentative de redorer son image de « mère Noël ». Ces initiatives ont suscité de vives critiques de la part du groupe majoritaire de l’opposition, critiques fermement rejetées par la majorité. Elles soulèvent néanmoins des interrogations quant à la proximité de certains acteurs régionaux et ses collaborateurs semblant manquer d’éthique. Autant d’éléments qui nourrissent des recherches, alimentent la réflexion, et mènent à la rédaction de communiqués.
Par ailleurs, j’ai également pris part au moment fort du 10 septembre, marqué par la réalisation d’une vidéo de communication donnant la parole aux citoyens. Loin des récits sécuritaires des grandes chaînes d’information, cette initiative visait à faire vivre le message de la manifestation, à relayer les voix du peuple plutôt qu’à focaliser sur le nombre de CRS mobilisés ou de manifestants comptabilisés. Ce moment de grève hors du temps m’a permis de sortir d’une bulle de contrariété entre les différents partis du Conseil. La voix du peuple restera l’acteur principal de la démocratie, même si celle-ci est endommagée.
In fine, je n’ai pas eu l’opportunité d’assister à une session du Conseil régional, mais un désir grandit en moi : celui de voir Christelle Morançais et sa majorité confronter leurs certitudes aux regards de la minorité, qui ne réclame rien d’autre qu’une justice sociale. Cette opposition, souvent ignorée face à une politique autoritaire et fermée au dialogue, mérite d’être entendue.
Cette immersion m’a permis d’approfondir ma compréhension des enjeux politiques à l’échelle régionale. Elle éveille en moi l’envie d’aller plus loin, de confronter ces connaissances à une majorité qui semble peu encline au compromis, au détriment du progrès collectif, de la résolution des difficultés locales et de l’intérêt général, pouvant être éclipsé par des ambitions personnelles.
Un grand merci à Violette et Victor ainsi qu’aux élu.es pour votre accueil ayant facilité mon immersion pendant ces deux semaines au sein du Conseil régional.
